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Plus de photos :  http://www.flickr.com/photos/danielenardi/sets/72157632637607777/

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En guise de dernière accli un petit run sur le nanga parbat par le voie Mummery ou Messner de descente.

Petit retour en arrière :

Le 24 janvier nous sommes au CB. Daniele est sous antibio. Pour cause une infection sur une dent de sagesse.

Pour nous c’est fête : barbecue à midi…la grande classe !

Le 25 je remonte récupérer notre équipement sur l’arête Ganalo, pour un run light and fast comme j’aime !

Nos yeux se tournent vers le Nanga !

Le 26 départ pour la voie Messner de descente. Cet itinéraire est le plus direct pour rejoindre le plateau sommital.

Jamais parcouru en été, alors en hiver !

Cet itinéraire est technique, esthétique. Nous avons un créneau de 3 jours pour monter le plus haut possible.

Après un jeu à travers un dédale de crevasses, nous montons notre tente au pied d’un mur de glace (qui assure notre protection en cas d’avalanche).

L’histoire refait surface et au fur et à mesure de notre ascension nous tournons les pages du livre de Messner… scénario et sensations vraiment étrange de se retrouver là sur ses traces quelques 40 ans plus tard !

Beaucoup de neige dans ce versant de la montagne (nord puis ouest). La trace est difficile, dans une quantité importante de neige (non transformé, vu les températures !), simplement balayait par le vent. Quelques parties en glace vive, mais une ambiance tellement belle !

Le 27 la météo change : de la neige en guise de compagnie ! Nous arrivons au pied du vaste éperon et par un système de couloir, tantôt mixte, neigeux, tantôt en glace, nous remontons cette voie historique jusqu’à 6000 m d’altitude.

Nous aménageons une petite terrasse dans la glace pour poser une partie de notre tente en équilibre précaire. Pas facile de trouver une place dans cette face ! Beaucoup de neige en cumul dans certaines portions.

Nous mettons en pratique le technique du “je casse la croute avec mon genou, je monte le pied et je m’enfonce jusqu’à la taille”. Bref une journée bien physique dans de la neige entrecoupé de belles sections mixtes (neige sur de la dalle) et glace vive.

Nuit 5 étoiles, vue imprenable sur toutes les montagnes du Pakistan, silence de la neige qui tombe, magie des lieux !

Le 28 pas facile de sortir de notre tente. Tout est givré : nos chaussures, nos doudounes, nos duvets.

Le gaz et le réchaud aussi. Nous évoluons au ralenti dans ce frigo exigu. Après 2 heures le camp est levé et nous continuons notre route. Beaucoup de vent en rafale (80 à 100 km/h), un froid vif. La voie est plus technique en glace dure, mixte.

Vers 6400 m, nous arrivons sur le point de non retour ! Soit nous continuons au col pour descendre par une autre voie à droite ou à gauche vers 7000 m, soit nous devons redescendre par la mémé voie (pas facile dans ces conditions!).

La météo est mauvaise pour les prochains jours et anéantissent nos chances de grimper plus haut. Nous ne prenons pas le risque de continuer notre ascension et attaquons la descente (plus d’une dizaine d’abalakov, facile avec cette glace !), puis une longue désescalade nous permet de prendre pied sur le glacier.

La nuit nous a rejoint et la descente dans ce dédale de glace n’est pas easy !

2 petites anecdotes : Lors d’un saut de crevasse mon crampon dérape j’enraye la chute en plantant mon piolet, mais ce n’est pas suffisant. Heureusement mon leash me stop net. Plus de peur que de mal, juste un doigt abimé !

S’en suit une exploration “improvisé” dans une crevasse: Daniele était devant, pour sauter un bon trou, moi avec le poids du sac, j’étais sur de manquer de détente, donc je décide de contourner le trou… Mais pas assez. En une fraction de seconde je me retrouve pendu dans mon baudrier, ma frontale éclairant une immense cavité bleu.

Mon coeur frôle là aussi les 250 puls par min. J’ai l’impression de me retrouver dans l’âge de glace pour sortir de la crevasse !

Nous arrivons au CB vers 2 h du mat, bien déshydraté, les pieds défoncés après 3 jours de chaud et froid, et bien fatigués, mais aux anges.

Cette voie est vraiment belle : technique, protégé des dangers objectifs, historique. Dommage que le mauvais temps se soit invités de dernière minute, on aurait bien continué jusqu’au sommet !

 

Dans une bulle, un cocon, une sphère hermétique après avoir foulé une grande partie de cette voie, le rêve nous est permit !

Quelle expérience !  

 

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