Un petit tour ce WE dans la face nord des Droites pour aller visiter la Colton. La face est en excellente condition. Nous étions deux cordées dans la Colton, et d'autres cordées dans la Ginat (excellente également). Je n'ai tout simplement jamais vu la Ginat en si bonne condition. La virgule fait  4 mètres de large. Les goulottes au-dessus de la pente ressemble plus à des rideaux de neige, glace qu'à une goulotte. Rien à voir avec les conditions du mois de février, où avec Paul, nous avions remonté la virgule en glace assez fine sur le haut, les pentes en pointes avant sur glace. La goulotte était très bien fournie sur le début, mais s'appauvrissant au fur et à mesure des longueurs (les 3 et 4ème avant dernières longueurs particulièrement fines et les 2 dernières en rocher sur l'éperon à gauche des goulottes car c'était tout sec).

Bref, les conditions ont bien évolué grâce à cet été un peu capricieux…

Concernant la Colton, les pentes médianes, traversée et goulottes suspendues sont très bien fournies. La traversée intermédiaire est en neige dure, glace. Par contre la descente dans le couloir est plus délicate qu'en hiver car le couloir est pauvre en neige.

Concrètement je décolle de Saoû le samedi matin vers 9h30. Arrivée à Cham vers 13h30. Nous préparons nos sacs et décidons de ne pas prendre nos affaires de bivouacpour être plus léger dans la voie. Le refuge d’Argentière est en travaux, donc fermé aux alpinistes, mais nous nous disons que nous  trouverons toujours un endroit à l’abri pour dormir (moins au froid que sur le rognon ou le glacier). La montée nous commençons à bien la connaître. Je la trouve particulièrement inesthétique sur le début car nous remontons les pistes de ski. Par contre nous les lâchons assez vite pour rejoindre le refuge de Lognan, puis longer le bord du glacier, remonter un système d’échelle qui nous mène à un rognon, puis descendre pour enfin prendre pied sur le glacier d’Argentière. De là, certains bivouaqueront. Nous, nous traversons le glacier puisremontons au refuge. Il est encore en travaux, mais à bien changé. Plus grand, fenêtre double vitrage, ossature bois… Nous cherchons un endroit à l’abri pour passer un bout de nuit. Ce sera sous une bâche en plastique au milieu des bouts de bois que nous dormirons. La nuit sera assez fraîche. Réveil à 1 heure du mat, nous décollons à 1h45. Le passage de la rimaye se fait par la gauche puis continu par un mur très raide au-dessus. Nous arrivons à la virgule. Je me rends compte que j’ai perdu un ergot  de piolet… pas top, va falloir serrer davantage le piolet avec une main… Là nous décidons de partir tout droit, et donc de ne pas emprunter la virgule. Les longueurs vont très vite grimper.  Je pense que nous sommes partis un peu trop à droite. Nous avons droit à un petit bloc coincé avant de rejoindre la pente. Bref, sûrement le "crux "de la voie cette petite variante directe.

La pente se remonte bien, le plus souvent en neige. Quelques ressauts seront en glace.

Nous arrivons au pied du bastion. La ligne semble bien alimenté en glace. Ce sera un régal dans une belle ambiance jusqu’au dessus du « crux » officiel de la voie. Ensuite nous remontons les goulottes suspendues qui séparent les 2 bastions rocheux. Avant de prendre pied sur les pentes sommitales en neige au début, puis mixte sur la fin, avec un petit pas assez délicat. L’arrivée sur l’arête au soleil est des plus agréable.

Petite pause bien méritée, puis commence la descente délicate du couloir sud. Il est très pauvre en neige, du coup beaucoup de bloc bouge. Ce sera donc avec la plus grande prudence et finesse que nous descendrons. Au total, nous poserons une bonne dizaine de rappels avant de prendre pied sur le glacier.

La neige a bien chauffé et nous enfonçons à chaque pas. La descente va être laborieuse (le glacier à bien fondu et laisse place désormais à plusieurs dalles humides…)jusqu’au plat du glacier. La remontée au refuge du couvercle est très malindiqué et vraiment pas évidente à trouver. Du coup nous descendrons pas mal le glacier pour trouver un passage nous permettant de remonter au refuge du couvercle. De là une bonne nuit nous attend. Le lendemain nous décollons vers 6h30 pour Cham, via les échelles du couvercle, la mer de glace et la descente sur les bois. Le coucher et le lever du soleil serons particulièrement vif pour nos yeux.

Conclusion : une très belle course dans un cadre grandiose. Une course que je te dédie Philippe, toi qui nous as quitté début septembre en équipant une voie à Cognin. Tu me manques énormément, et je ne peux que repenser aux merveilleux bout de chemin que nous avions parcouru ensemble depuis ces années, autant en rocher (Hasta luego amigos, Pilier des coccinelles, Prince Ringuet,  Dernier envol, ranxeros …) qu’en goulotte (Pinocchio, Boivin, L’œil au beurre noir, Pelissier…) qu’en glace (Dancing fall,…)ou encore à ski (Pelvoux,…)

 


 

 

 

 


Philippe dans la goulotte Pinocchio au Mont Blanc du tacul

 

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