Depuis mon retour du Pakistan, je n'ai pas trop eu le temps ni les conditions météo pour retourner régulièrement en montagne. Ce qui s'est soldé au mois de septembre par quelques virées dans les Ecrins pour admirer un coucher de soleil depuis la pointe Puisseux du Pelvoux, quelques couennes en dry, un peu de cailloux... et c'est tout !
Bref, la déprime quoi !
Du coup ce WE  de grand beau nous sommes allés faire une virée vers Leschaux question de tâter la glace en douceur pour cette reprise...
Le Montenvers étant fermé c'est à pied que nous sommes partis de Chamonix. En ce moment la montée est de toute beauté avec ses couleurs automnales et ses mélèzes qui jaunissent. La mer de glace est des plus sauvage sans sa horde de touristes habituels. Quant au refuge, il est tout simplement désertique.

Quittant le travail à 9 h 30 le vendredi, nous sommes arrivés en fin d’après midi à Leschaux ; le temps de faire le trajet en voiture (4 heures) et de faire la marche d’approche (un peu moins de 5 heures).

Le refuge est toujours aussi agréable en ce début de saison (pas encore envahi par les déchets de certains alpinistes…).

Réveillé à 3h30 on décolle une heure plus tard en route pour le pied de la face nord. Il nous faudra tracer au fur et à mesure de la montée dans des quantités certaines de neige (allant jusqu’à 50 cm en fin d’approche). Nous arrivons au pied de la Walker (bien plâtré en ce moment) et longeons le pied de la face jusqu’au cône et le départ des goulottes du linceul.

Le passage de la rimaye (bien ouverte en son centre, mais qui passe bien à droite) se fait au petit jour.

  Suit une belle section de goulotte sur 300 mètres avant d’arriver dans la pente proprement dite, pas en si bonne condition que ça… la glace ayant refait son apparition depuis les dernières chutes de neige avec un temps plus froid (du coup la neige colle moins ! ).

Nous rejoignons l’arête des hirondelles quelques heures plus tard. De là nous comptions rejoindre la pointe Walker, mais c’était sans compter sur la neige instable du versant est. Nous décidons donc de redescendre par l’arête des hirondelles, en connaissant bien sa réputation (rappel déversant et se coinçant très facilement). Nous allons très vite vérifier ces faits puisque dès le premier rappel nous coinçons la corde dans une fissure. Résultat des courses, il faut remonter. Le deuxième ne coince pas, par contre le troisième oui… etc… bref nous perdons un temps considérable dans cette descente. Arrivé à la brèche en V la suite nous semble bien trop hasardeuse, et malgré une tentative de Fred, nous décidons  de redescendre par la Mac Intyre de Gauche. Là aussi ça ne va pas être simple puisque qu’un autre rappel va se coincer dans la glace et que vers les deux tiers de la descente il va falloir creuser abondamment pour trouver de la glace et installer des abalabov.

Bref, une course longue dans une très belle ambiance, qui remet les pendules à l’heure mais qui prive de pas mal de sommeil !!!

Mais avant tout une belle histoire de cordée avec mes deux fidèles compères : Oliv' et Fred.




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