Mardi 28 octobre 2008

Un petit tour ce WE dans la face nord des Droites pour aller visiter la Colton. La face est en excellente condition. Nous étions deux cordées dans la Colton, et d'autres cordées dans la Ginat (excellente également). Je n'ai tout simplement jamais vu la Ginat en si bonne condition. La virgule fait  4 mètres de large. Les goulottes au-dessus de la pente ressemble plus à des rideaux de neige, glace qu'à une goulotte. Rien à voir avec les conditions du mois de février, où avec Paul, nous avions remonté la virgule en glace assez fine sur le haut, les pentes en pointes avant sur glace. La goulotte était très bien fournie sur le début, mais s'appauvrissant au fur et à mesure des longueurs (les 3 et 4ème avant dernières longueurs particulièrement fines et les 2 dernières en rocher sur l'éperon à gauche des goulottes car c'était tout sec).

Bref, les conditions ont bien évolué grâce à cet été un peu capricieux…

Concernant la Colton, les pentes médianes, traversée et goulottes suspendues sont très bien fournies. La traversée intermédiaire est en neige dure, glace. Par contre la descente dans le couloir est plus délicate qu'en hiver car le couloir est pauvre en neige.

Concrètement je décolle de Saoû le samedi matin vers 9h30. Arrivée à Cham vers 13h30. Nous préparons nos sacs et décidons de ne pas prendre nos affaires de bivouac pour être plus léger dans la voie. Le refuge d’Argentière est en travaux, donc fermé aux alpinistes, mais nous nous disons que nous  trouverons toujours un endroit à l’abri pour dormir (moins au froid que sur le rognon ou le glacier). La montée nous commençons à bien la connaître. Je la trouve particulièrement inesthétique sur le début car nous remontons les pistes de ski. Par contre nous les lâchons assez vite pour rejoindre le refuge de Lognan, puis longer le bord du glacier, remonter un système d’échelle qui nous mène à un rognon, puis descendre pour enfin prendre pied sur le glacier d’Argentière. De là, certains bivouaqueront. Nous, nous traversons le glacier puis remontons au refuge. Il est encore en travaux, mais à bien changé. Plus grand, fenêtre double vitrage, ossature bois… Nous cherchons un endroit à l’abri pour passer un bout de nuit. Ce sera sous une bâche en plastique au milieu des bouts de bois que nous dormirons. La nuit sera assez fraîche. Réveil à 1 heure du mat, nous décollons à 1h45. Le passage de la rimaye se fait par la gauche puis continu par un mur très raide au-dessus. Nous arrivons à la virgule. Je me rends compte que j’ai perdu un ergot  de piolet… pas top, va falloir serrer davantage le piolet avec une main… Là nous décidons de partir tout droit, et donc de ne pas emprunter la virgule. Les longueurs vont très vite grimper.  Je pense que nous sommes partis un peu trop à droite. Nous avons droit à un petit bloc coincé avant de rejoindre la pente. Bref, sûrement le "crux "de la voie cette petite variante directe.

La pente se remonte bien, le plus souvent en neige. Quelques ressauts seront en glace.

Nous arrivons au pied du bastion. La ligne semble bien alimenté en glace. Ce sera un régal dans une belle ambiance jusqu’au dessus du « crux » officiel de la voie. Ensuite nous remontons les goulottes suspendues qui séparent les 2 bastions rocheux. Avant de prendre pied sur les pentes sommitales en neige au début, puis mixte sur la fin, avec un petit pas assez délicat. L’arrivée sur l’arête au soleil est des plus agréable.

Petite pause bien méritée, puis commence la descente délicate du couloir sud. Il est très pauvre en neige, du coup beaucoup de bloc bouge. Ce sera donc avec la plus grande prudence et finesse que nous descendrons. Au total, nous poserons une bonne dizaine de rappels avant de prendre pied sur le glacier.

La neige a bien chauffé et nous enfonçons à chaque pas. La descente va être laborieuse (le glacier à bien fondu et laisse place désormais à plusieurs dalles humides…)jusqu’au plat du glacier. La remontée au refuge du couvercle est très malindiqué et vraiment pas évidente à trouver. Du coup nous descendrons pas mal le glacier pour trouver un passage nous permettant de remonter au refuge du couvercle. De là une bonne nuit nous attend. Le lendemain nous décollons vers 6h30 pour Cham, via les échelles du couvercle, la mer de glace et la descente sur les bois. Le coucher et le lever du soleil serons particulièrement vif pour nos yeux.

Conclusion : une très belle course dans un cadre grandiose. Une course que je te dédie Philippe, toi qui nous as quitté début septembre en équipant une voie à Cognin. Tu me manques énormément, et je ne peux que repenser aux merveilleux bout de chemin que nous avions parcouru ensemble depuis ces années, autant en rocher (Hasta luego amigos, Pilier des coccinelles, Prince Ringuet,  Dernier envol, ranxeros …) qu’en goulotte (Pinocchio, Boivin, L’œil au beurre noir, Pelissier…) qu’en glace (Dancing fall, Impatience, baiser de lune…)ou encore à ski (Pelvoux, Buet, Celse Nière, Pelas Vernet…)

 


 

 





Philippe dans la goulotte Pinocchio au Mont Blanc du tacul


Par Elisabeth
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Mercredi 22 octobre 2008

Depuis mon retour du Pakistan, je n'ai pas trop eu le temps ni les conditions météo pour retourner régulièrement en montagne. Ce qui s'est soldé au mois de septembre par quelques virées dans les Ecrins pour admirer un coucher de soleil depuis la pointe Puisseux du Pelvoux, quelques couennes en dry, un peu de cailloux... et c'est tout !
Bref, la déprime quoi !
Du coup ce WE  de grand beau nous sommes allés faire une virée vers Leschaux question de tâter la glace en douceur pour cette reprise...
Le Montenvers étant fermé c'est à pied que nous sommes partis de Chamonix. En ce moment la montée est de toute beauté avec ses couleurs automnales et ses mélèzes qui jaunissent. La mer de glace est des plus sauvage sans sa horde de touristes habituels. Quant au refuge, il est tout simplement désertique.

Quittant le travail à 9 h 30 le vendredi, nous sommes arrivés en fin d’après midi à Leschaux ; le temps de faire le trajet en voiture (4 heures) et de faire la marche d’approche (un peu moins de 5 heures).

Le refuge est toujours aussi agréable en ce début de saison (pas encore envahi par les déchets de certains alpinistes…).

Réveillé à 3h30 on décolle une heure plus tard en route pour le pied de la face nord. Il nous faudra tracer au fur et à mesure de la montée dans des quantités certaines de neige (allant jusqu’à 50 cm en fin d’approche). Nous arrivons au pied de la Walker (bien plâtré en ce moment) et longeons le pied de la face jusqu’au cône et le départ des goulottes du linceul.

Le passage de la rimaye (bien ouverte en son centre, mais qui passe bien à droite) se fait au petit jour.

  Suit une belle section de goulotte sur 300 mètres avant d’arriver dans la pente proprement dite, pas en si bonne condition que ça… la glace ayant refait son apparition depuis les dernières chutes de neige avec un temps plus froid (du coup la neige colle moins ! ).

Nous rejoignons l’arête des hirondelles quelques heures plus tard. De là nous comptions rejoindre la pointe Walker, mais c’était sans compter sur la neige instable du versant est. Nous décidons donc de redescendre par l’arête des hirondelles, en connaissant bien sa réputation (rappel déversant et se coinçant très facilement). Nous allons très vite vérifier ces faits puisque dès le premier rappel nous coinçons la corde dans une fissure. Résultat des courses, il faut remonter. Le deuxième ne coince pas, par contre le troisième oui… etc… bref nous perdons un temps considérable dans cette descente. Arrivé à la brèche en V la suite nous semble bien trop hasardeuse, et malgré une tentative de Fred, nous décidons  de redescendre par la Mac Intyre de Gauche. Là aussi ça ne va pas être simple puisque qu’un autre rappel va se coincer dans la glace et que vers les deux tiers de la descente il va falloir creuser abondamment pour trouver de la glace et installer des abalabov.

Bref, une course longue dans une très belle ambiance, qui remet les pendules à l’heure mais qui prive de pas mal de sommeil !!!




Par Elisabeth
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Mercredi 22 octobre 2008

Il "s'agit incontestablement d'un des plus grands, sinon du plus grand rendez-vous de VTT au monde" écrivait France 3 dans son édition du 12 octobre 2008.


Nous avons tenté le coup avec ma célèbre copine "Didite" (prête à relever tous les défis...) y compris celui de ne plus pouvoir s'assoir pendant 2 jours....Donc nous avons choisi de participer à 2 courses : le roc d'Azur Dames le samedi (42 km et 980 m de déniv), et le roc d'Azur le dimanche (57 km et 1700 de déniv). Ces circuits empruntent le massif des Maures que je ne connaissais pas jusqu'à présent.
Cette édition, la 25e depuis la création de l’épreuve en 1984, a été marqué par un record d’affluence, puisque 15 800 personnes ont pris les départs. De nombreux médaillés olympiques (Julien Absalon, Anne-Caroline Chausson, Jean-Christophe Péraud et Laetitia Le Corguillé) ont fait souffler un air d’olympisme sur le Var, deux mois après la cérémonie de clôture des JO de Pékin.
Revenons aux courses. Vous aurez compris que le déniv est un domaine qui me correspond mieux, donc le samedi c'est à pleine dent que je savoure ma 25 ème place après une course de 2 heures 20 tête dans le guidon pour un sprint infernal. Là je suis d'accord avec moi même, les courses rapide et roulante, c'est pas mon truc. Bref au final c'est l’Autrichienne Elisabeth Osl (Team Ghost International) qui s’est imposée en tête du Roc Dames avec une moyenne de 21 km/h. Pour ma part ma moyenne sera de 17,5 km/h, ce qui n'est pas si mal que ça, puisque je reste devant certaines belles pointures du VTT.
Le dimanche je m'élance sans réelle conviction pour l'étape du Roc d'Azur (3500 participants). Nous partons par vague de 500 coureurs, ce qui n'est pas sans causer certains bouchons assez spectaculaires... qui me ferons bien perdre une dizaine voir une quinzaine de minutes. C'est un circuit qui me convient mieux car plus dans le dénivelé. Bref, au final je me classe 4 ème féminine à 6 secondes de la 3ème et à 5 minutes de la première. Ca fait râler quand on sait qu'on a perdu du temps à attendre dans les bouchons...

Quelques photos de l'Agence Blanco Negro...




Par Elisabeth
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Mercredi 10 septembre 2008


Si vous manquez de lecture, un article est sur Le CRESTOIS en ce moment.
Une interview sur France Info également cette semaine.
























Article du dauphiné : le 13 septembre
Par Elisabeth
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Mercredi 3 septembre 2008

 

Pourquoi un 8000 ?

 

L’idée de grimper un 8000 a mûri pendant des années dans mon esprit. Toute petite, je voulais gravir l’Everest, avec les années, le rêve s’est ancré en moi.

  Très tôt,  l'altitude m’a attirée ! Déjà enfant, je grimpais toujours plus haut  pour découvrir  ce qu’il y avait. Ce sont mes parents qui m’ont fait découvrir la montagne, dès mon plus jeune âge : à quatre ans, ils m’emmenaient promener au refuge du glacier blanc. Les week-ends et les grandes vacances,  nous partions en famille parcourir le Vercors ou les Ecrins.

 

Plus tard, à l’université, j’ai découvert l’escalade, le ski de randonnée et enfin l’alpinisme, grâce au Club Alpin Français de Crest. Jean-Christophe, aujourd’hui mon mari, m’a initié à ces nouvelles activités.

Je me suis vite découvert une passion pour la montagne. Aussi, en 2005, j’intègre l’équipe nationale féminine d’alpinisme de la FFCAM (Fédération Française des Clubs Alpins de Montagnes). Grâce à ce groupe, encadré  par des guides de hautes montagnes, mon niveau va  progresser  rapidement .Et je vais alors vivre ma première expédition en Bolivie. Ce sera un  succès,  nous avons en effet, ouvert cinq nouveaux itinéraires dans le massif de l’Illampu. L’année suivante, je partais au Népal pour ouvrir une nouvelle voie sur le Pharilapcha, situé entre l’Everest et le Cho Oyu.

En 2006, lors des « Rencontres Expé » de la Grave,  alors que nous présentions nos ascensions en Bolivie, avec mes collègues féminines, j’ai assisté au reportage d'une himalayiste, qui nous parlait de sa victoire sur le Broad Peak. Son enthousiasme, sa passion, son amour pour ces montagnes m’ont bouleversée et m’ont laissée songeuse… je repensais aux 8000. 

Et  cet hiver, dans le massif du Mont Blanc, en réalisant le triplé des trois faces nord du bassin d’Argentière : Les Courtes, Les Droites et La Verte, un ami rencontré au refuge me parle de son projet sur des 8000 pour l’été à venir. Ce qui me replonge dans mon  rêve de gosse qui  désormais ne me lâchera plus.

Financièrement l’expédition est difficile à boucler, mais je ne peux plus résister  à la tentation de réaliser un triplé sur le « Baltoro », l’un des trois plus grands glaciers du monde.

 Réaliser l’ascension d’un 8000, en enchaîner trois dans la même saison peut sembler dément. Mais  rester sur un seul sommet risque de me faire tourner en rond ! 

Ce projet d’enchaînement est donc une aubaine pour moi. Pourquoi ne pas y avoir pensé auparavant ? : Simplement, parce que pour moi, seuls les «  Grands » partent dans des enchaînements et  avec  une solide expérience.  Or, je ne me sentais pas  de la pointure des grands.  Pourtant j’ai osé, et ce, sans expérience de l’oxygène rare.

 

Après une telle expérience,  décrire mes sentiments et surtout  trouver les mots pour  les exprimer, est mission impossible, tellement c’est fort.

Là haut, loin de notre monde, j’ai  ressenti et vécu des choses  magiques et extraordinaires.   Seule face à mes décisions dans ces immensités et une motivation  sans faille, tout doute  envolé : C’est alors un sentiment de plénitude absolu.

Dans de telles conditions, j’ai appris à me connaître et j’ai l’impression de ne pas avoir  atteint mes limites et l’ascension de 4 sommets me semble  envisageable…

Bien sûr, j’ai vécu des moments  durs où mes sentiments et mes pensées se  bousculaient. La pire journée a été celle,  pendant le trek où j’ai réalisé que j’avais oublié une chaussure de montagne en France. J’en ai pleuré de rage. A ce moment là, pour moi l’expé, avant de commencer, était déjà finie. Je savais  ne pas trouver  d’autres chaussures à ma pointure puisque je fais du 36. Déjà en France, je n’avais pas pu en dénicher car les « pompes d’expé » débutent à 40. Heureusement Valéry, un des membres russes, avait une 2ème paire de chaussures très légères pour l’altitude qu’il comptait utiliser simplement pour son acclimatation, il a bien voulu m’en prêter une, mais c’était du 43. Malgré tout, j’ai décidé d’essayer et l’espoir est revenu. Alors, j’ai fait mes ascensions avec une chaussure en 36 et l’autre en 43…Imaginez la stupéfaction des gens devant ce spectacle!!!. Le départ  fut difficile, puis je me suis habituée. 

Mon 2ème moment douloureux, lors de ma première tentative du Broad Peak, a été de décider de rentrer  à cause du vent : Renoncer… toute la difficulté… mais aussi, la sagesse du montagnard ! Bref, un moment  dur psychologiquement : contempler cette route que j’ai ouverte aujourd’hui, dans cette neige profonde, accepter de ne pas aller au sommet  vu les conditions climatiques non optimales : un des paramètres est dangereux… C’est très difficile et frustrant. Mais être déjà à cette altitude reste extraordinaire pour moi qui n’avais jamais dépassé les 6500 m lors de mes précédentes expés. Comme je me sentais en pleine forme, le sommet aurait été la cerise sur le gâteau et tellement délicieux à savourer !.

Encore, deux autres  moments pénibles où mes pensées  se bousculaient : d’abord, dans ma  lutte contre le froid,  peu équipée au niveau de mes vêtements et surtout de mes chaussures, j’étais contrainte à  une danse fréquente des orteils pour éviter les gelures !  Ensuite, lorsque le relief m’obligeait à franchir des crevasses qui laissaient entrevoir leurs abimes noirs et sans fond, et là je craignais alors que ma détente me lâche  sous le poids de mon sac ! 

 

Pourquoi ai-je réussi  ce défi ?

  Beaucoup d’expéditions étaient présentes dans les différents camps de base. Au Broad peak, plus d’une centaine de personnes ont tenté le sommet, au G1 G2, plus de 30 expéditions étaient au camp de base… pourtant  seule une poignée de grimpeurs  sont parvenus aux différents sommets.

Ma préparation n’a pas été différente des autres années. Je ne suis pas forcément des programmes d’entraînements, je préfère jouer avec les activités que j’aime. Je grimpe 3 fois par semaine avec des amis : on se tire «  la bourre en bloc ». Je cours ou fais du VTT quasiment tous les jours pour décompresser du boulot et admirer un paysage ou je m’éclate dans une  descente. En revanche, Les WE  je suis en montagne sur mes skis, avec les piolets ou mon «  sac à pof » sur le glacier noir ou dans une face nord à Cham. Je fais également 2 ou 3 fois par semaine une bouffe avec mes amis !

 

Mais dans ma tête, j’étais prête et mon objectif était ce triplé. Je ne voulais pas en faire 2 mais 3. Et cette motivation opiniâtre a été ma force.

 

Le K2 : pourquoi avoir renoncé à son ascension cette année ?


Pas de créneau météo assez long  pour le tenter de façon sereine même après qu'il ait purgé de toutes ses accumulations. A mon arrivée au camp de base, la montagne était chargée de neige suite à une tempête de 4 jours : 1 mètre en plus. j’ai donc pris la décision de commencer par le BP, moins dangereux en cas de fort enneigement. Mais il a continué à neiger régulièrement pendant le mois de juillet. La météo ne laissait que de court moment pour grimper : seulement 2 jours, très insuffisant pour tenter une ascension. Enfin les températures étaient trop douces pour la saison :- 12° à 8000 par exemple pour le 1er août !!! Ce qui est extrêmement dangereux pour un sommet comme le K2 où ça « parpine » en permanence.

Trop de facteurs défavorables cette année !  Mais  au sommet du G1, je n’ai cessé d’y penser en me répétant qu’après ces jours de beau la montagne devrait être plus saine et  si la météo se maintenait, j’aurais le temps d’y faire un saut… c’était sans compter sur cette terrible tragédie qui a emporté beaucoup de mes connaissances.

 Ces alpinistes disparus sur le K2, je les  avais connus  au camp de base où on se croise, on discute, on prend un thé, ou encore on partage un repas. C’est vraiment affreux.

Pourquoi avoir décidé de ne pas avoir de porteur ni de réserves d'oxygène ? 
La montagne exige une certaine éthique, elle ne peut s’accompagner d’artifices, s’il y a défi : Il est avec nous

mêmes et doit s’arrêter là où nos capacités s’essoufflent. Dans les alpes, je ne prends pas de porteurs,

Si ma propre passion doit entrainer la mort d’autres vies, je n’adhère plus : en montagne pourquoi en serait-il

autrement dans l’Himalaya ?, je n’accepte pas de faire courir un risque aux autres. Comme dans ces cordées,

organisées par des agences commerciales qui utilisent pour le transport du matériel, et ce, jusqu’au sommet

des 8000. Des hommes, dénués de tout sauf d’une famille nombreuse à nourrir. Certains sont tués par une

avalanche, une chute, un œdème, une pierre… Décider de grimper un sommet, entraine d’assumer une

certaine part de risque personnel, mais cette part je ne veux pas l’imposer à autrui.

Pour moi, l’oxygène est un artifice, une sorte de produit dopant pour augmenter les capacités physiques.


Mon meilleur souvenir !

 Le sommet du G1, celui que je convoitais avec le plus de force, avant mon départ. Aussi l’ai-je gardé pour la fin. C’est un sommet à l’  esthétique superbe, en forme de pyramide lui aussi mais le plus sauvage des 3. J’aime  ces sommets isolés,  loin du monde et la technique ardue qu’il requiert également pour escalader  leurs versants abrupts, un régal ! Bref, ce jour là, je suis partie, en petite forme et  seule du camp 3, j’avais mal dormi et eu des frissons une partie de la nuit. Je savais que les  2 Russes étaient au camp 4.  Nous étions seulement 3 sur la montagne, tous les autres avaient abandonné. Je suis partie tard    dans l’intention de me rendre au  camp 4, plutôt que grimper au sommet. Puis, je me suis boustée et mon rythme d’ascension est revenu. J’ai aperçu les Russes  haut dans la montagne. Et alors, ma « niaque » est revenue et je les ai rattrapés au 2/3 de la voie.
Pendant l’ascension, je pensais très fort à mon mari, rongé d’inquiétude depuis plus d’un mois. Et arrivée au sommet, je l’ai appelé  à l’aide d’un téléphone satellitaire pour partager ma joie et  en attendant mes compères russes. La vue était extraordinaire. J’étais dans mon univers avec l’homme que j’aime au téléphone. Quel moment !!… un des plus beaux de  ma vie !
Mais les 3 sommets sont magnifiques et sur chacun j’ai  ressenti des  moments de joie profonde et intense !

Lors de mon retour à Islamabad, les pakistanais m’ont félicitée et emmenée au resto et ils m’ont offert des présents. Ils étaient très impressionnés par le défi que s’était lancé ce petit  bout de femme. Quant à moi,  je ne pouvais m’empêcher de penser à leurs femmes à eux   cantonnées à des taches souvent pénibles et sans gloire, quelquefois privées de liberté,  et surtout de cette liberté que je venais de concrétiser : celle de réaliser mon rêve d’enfant :  Etrange paradoxe de notre monde encore trop bancal. …Et je dédie à toutes ces femmes de l’ombre ce triplé comme une espérance pour l’amélioration de leur condition et pour les voir, elles aussi, un jour sourire à des rêves un peu fous…..

Par Elisabeth
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Mercredi 27 août 2008
Une autre diffusion lundi (celle de vendredi à eu lieu vers 8 h), mais je ne connais pas exactement l'heure, sûrement à 12h15 et 18h30. 

Vous pouvez écouter l'émission en direct sur le net :
http://www.rcf.fr/rubrique.php3?id_rubrique=39&id_locale=39

Rendez-vous vendredi 29 août à l'écoute de RCF pour les 10 minutes des trois 8000 : fréquences locales :

- nord Drôme : 101.5
- Nyonsais : 96.9
- Diois : 106.1

2 diffusions : à 12h15 et à 15h15
Par Elisabeth
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Lundi 11 août 2008
Quel temps ici, je comptais dérouiller mon VTT si possible sans me tremper alors va falloir rouler vite !!!
Bon, je suis rentrée samedi soir vers minuit gare de Lyon après une journée d'avion et correspondance à Londres. J'ai pu changer mon billet d'avion sans trop de soucis (j'ai volé en business class pour le même prix ! du coup c'était grand luxe).
Je suis vraiment contente d'avoir retrouver ma famille et mes amis qui commençaient à sérieusement me manquer.
J'ai lu avec un soin très particulier tous vos messages et ça me fait chaud au coeur de savoir que certains ont trouvé de l'espoir et du rêve dans mes ascensions. Moi j'ai encore la tête dans mes sommets et pour encore un bon moment je pense... je suis déjà dans d'autres projets pour l'année prochaine !
Je voulais tous vous remercier pour vos messages lors de mon périple. Vous avez une part de réussite dans mes sommets car vos encouragements m'ont donné "des ailes" comme vous dites et surtout  du baume au coeur.
Je veux remercier également mes sponsors sans qui cette aventure n'aurait pas pu exister, surtout pour m'avoir donner du matériel très léger (vraiment important en solo quand on est un petit gabarit).
Merci à CILAO, PETZL, LAFUMA, TRIPLE ZERO pour leurs matériels très performants.
Merci à la DDJS,  FFCAM de Crest, FFCAM de Valence, antiquité Duvert pour leur soutient financier.
Merci à mon Jean Jean qui a mis mon blog à jour tous les jours
Enfin Merci à Elisabeth VOREPPE pour ces nombreux articles sur le DL, merci au Crestois.
Je vous envois mes impressions et ressentit prochainement, en attendant mon compte rendu film et diapo.

Par Elisabeth
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Jeudi 7 août 2008




Du sommet je redescends au C2, passe une nuit, puis le 2 je rejoins le CB, seule dans le glacier.
Pareil je pars tôt pour que les ponts soient encore bien gelés.
 Au CB c'est de nouveau la fête, mais mon esprit reste plongé dans l'ivresse des sommets.
Puis je prends la décision de partir le lendemain avec l'expé espagnol.
 Le 3 je range donc mes affaires et le 4 nous décollons du CB vers 5 h du mat, non sans un petit pincement au coeur ( de quitter ces lieux magiques, loin du stress, loin du monde, loin des technologies...)
Retour par le col do Gondorogo (5500 m) plus rapide que le trek du mois de juin.
En 3 jours je suis à Skardu ouah...
le choc !
Il fait chaud, l'air est pollué, par contre je dors dans un lit.... et surtout j'ai le temps de faire une grasse mat !!! car ça fait 10 jours que mes nuits étaient soient très courtes soient inexistantes !
 Aussi j'ai une vrai douche !
Je vous en dirais plus à Islamabad ou en France.
 Merci à vous tous pour votre soutient et vos messages si agréables a lire.

 Je répondrais à toute vos questions, messages... en France. Zab

Par Zab
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Jeudi 7 août 2008

Bref maintenant c'est plus qu'un rêve de gosse qui se réalise, c'est un comte de fée, et dans ce comte je suis vraiment chanceuse (mais j'en suis consciente!)
Je me prends à rêver du K2.
Après ces jours de beau, la neige a du tasser et ça a du purger...
autant si le créneau météo continu ce sera bon !
Je vais apprendre au CB qu' 11 personnes sont décédés dans une avalanche de séracs qui et les a emporté dans le passage de la bouteille (bottleneck).
Je connaissais ces gens disparus (Hugues formidablement humain...et les autres. J'en suis profondément émue et cruellement affectée.)
Pourquoi sont-ils partis ?
Ils auraient dû attendre que ça purge, avec toute cette neige qui est tombée en altitude et les températures prévues...
mais certains attendaient ce créneau météo depuis 2 mois... Les gens sont attirés vers les montagnes pour les conquérir, ou se plonger dans leur insondable immensité ( tellement plus vaste que notre humanité) ; pour mieux appréhender l'équilibre harmonieux entre l'humilité et la patience, et le désir de toujours pousser plus loin ( trop loin !).
Et aussi pour partager longtemps avec des amis ce que les pentes, voies, lignes ont à nous offrir.
Quelque chose dans la montagne fait vibrer l’âme auquel il est impossible de résister et ce quelque chose peut perturbé notre jugement.
Mais cette tragédie au K2 est vraiment horrible a acceptée.

Par Jc via Zab
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Jeudi 7 août 2008

Départ le 27 juillet avec un gros sac pour une semaine.
La montée au C1 n'est pas aisée et il faut grimper et descendre dans les méandres des séracs, passer sur des ponts des plus fragiles, ou enfin enjamber des abîmes infiniment profond (et que j'ai trouvé par dessus tout très large à sauter avec mon petit gabarit lesté !)... bref plus de 10 km !
Le ciel n'est pas encore très beau et il y a beaucoup de vent en altitude , mais les prévisions sont bonnes pour dans quelques jours, donc pas de soucis.
L'arrivée au C1 se finit par une grande traversée en largeur du glacier. Le C1 est commun au G1 et au G2.
Au départ je devais partir sur le G1, mais avec toute cette accumulation de neige de ces derniers jours et ce vent il parait beaucoup plus sage de commencer par le G2 ( beaucoup moins exposé aux avalanches).
Le lendemain c'est donc parti pour le G2 et la montée au C2.
J'ai le temps car le créneau météo est du 30 juillet au 1 er août.
Je décide donc de passer une nuit au C2 puis une au C3 ( dormir plus bas est beaucoup moins fatiguant pour l'organisme) mais beaucoup préfèrent faire un C4 car pour le jour du sommet il y a beaucoup moins de déniv.
A 7000 m,  personnellement le déniv, ça ne me dérange pas, donc chacun sa sauce... ce qu'il faut c'est la connaître !
Bref la montée au C2 est très esthétique et se déroule en grande partie sur une banane formée par le vent et le glacier ( sorte de corniche verticale) que l'on remonte.
Pour arriver au C3 (6900 m) il y a une succession de petits murs de glace a escalader.
Arrivée tôt  au camp, je compte partir vers minuit pour le sommet et ainsi avoir le temps de redescendre au C1 dans la même journée.
Je passe mon après midi à faire fondre de l'eau, manger et me reposer dans ma tente.
Vers une heure du mat je décolle.
Le vent s'est bien calmé depuis quelques jours, mais il est encore présent.
La montée au C4 est relativement à l'abri.
C'est une succession de petits ressauts mixtes ( rocher, neige, glace) à franchir.
Les tentes au C4 sont allumées et des cordées se préparent à partir.
Au delà du C4, il faut traverser un long plateau qui aboutit à un col.
Là je me mets en mode automatique ( quand il n'y a pas de difficulté, j'ai une petite tendance à avancer au radar et surtout de nuit !).
Au col un vent glacial me saisit dans mon coma et il faut que je recommence la danse des orteils.
Au delà du col je décide de faire une pause pour boire et manger un bout, mais ma gourde est gelée. Tant pis!
Je pose mon sac et attaque les dernières pentes qui me mènent au sommet.
La fin se déroule sur une arête courte, mais très esthétique.
Enfin, c'est le moment tant attendu de sérénité, contemplation au sommet du G2.
Nous sommes le 30 juillet et il est 9 heures du mat (H Pak).
Le vent s'est calmé.
Le ciel est bleu et je me pose admirative devant ces paysages formidables qui me sont offerts.

Je pourrais rester là des heures, mais il faut penser à descendre, c'est donc avec regret que je me décide à quitter ce lieu magique.



La descente se passe bien. Je me sens moins fatiguée que lors du BP.
Je récupére toutes mes affaires au C3.
Au passage je croise plusieurs personnes qui ont abandonné le sommet à cause du vent et du froid...
J'ai eu de la chance de continuer !

J'arrive au C1 vers 16 h.

 Pareil, je passe pas mal de temps à me faire fondre de l'eau, m'hydrater , manger et dodo.
Je suis décidée le lendemain à monter au C3 du G1 si je ne me sens bien au réveil.
Par contre je suis seule et la montée au C2 est très crevassée ( un français JN Urban s'est tué dans ce secteur au mois de juin).
 Il va donc falloir partir tôt pour profiter du regel de la nuit ( donc des ponts plus solides).





Par jc via Zab
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PRESENTATION DU DVD

DVD "HIMALAYA LIGHT" en vente à 12€    Bande Annonce (ici).



    
 Contact : jc.revol@laposte.net 

SPONSORS

Un grand merci aux sponsors qui me soutiennent :

Valandre
www.valandre.com

    




Everest travaux acrobatique

www.travaux-everest-lyon.com




Asolo
http://www.asolo.com/



Can : Travaux d'accès difficile
www.can.fr



Béal
www.beal-planet.com


Lowe Alpine
http://www.lowealpine.com/



THORLO
http://www.thorlo.com/


NGE : GUINTOLI

WWW.GUINTOLI.FR

Meubles Bonnard 
www.meubles-bonnard.fr



 Duvert martial 
www.antiquites-duvert.com




Les Yeux ouverts
www.lesyeuxouverts.com/



Bado Sport 2000 Valencewww.sport2000.fr
www.sport2000.fr


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