"Vivez les rêves que la vie vous défie de rêver." Martin Luther King
"Vivez les rêves que la vie vous défie de rêver." Martin Luther King
Avec ce bel anticyclone posé sur la France et globalement sur l’Europe nous partons avec Fred explorer une nouvelle face, dans sa version face nord…
Je décolle de Crest à 15 h le vendredi direction les Thermes de St Gervais (dans le 74). Là je récupère Fred… en route pour Zermatt. Nous arrivons vers 22h. Il est trop tard et les bennes sont fermées. C’est donc à pied que nous atteindrons la cabane du Hörnli … 3 h plus tard. Le refuge est complet. Nous nous accordons une petite nuit jusqu’à 5h30 sur les planches du refuge.
A 6h nous décollons. Le refuge est désert, toutes les cordées sont parties pour la voie normale et 2 cordées sont en route pour la face nord avec 3 h d’avance...
L’approche est courte et nous arrivons sur la première "blague" du jour (qui nous saisi bien à froid au petit matin...). Nous arrivons au pied d’une barre rocheuse verticale… euh, il dit quoi le topo ? On en a pas cela tombe bien ! Avec le retrait glaciaire il faut désormais franchir un petit mur de 15 mètres bien raide en dessus d’un trou béant juste avant un beau mur de sérac… Bref ça met de suite dans l’ambiance ! Cette première étape franchie, nous remontons une pente de glace bien noire sur une centaine de mètre, avant de retrouver le glacier que nous traversons jusqu’au pied de la rimaye et de la face nord.
Il fait bien jour quand nous attaquons les pentes du début en bonne neige polystyrène. Nous arrivons rapidement au début de la grande rampe centrale dans un beau terrain mixte, qui dérive vers la droite dans cette immense face. Les longueurs ne sont pas faciles à protéger. Les passages en glace sont très fins (les broches ne rentrent qu’à moitié) et le rocher fidèle à sa réputation (bien délité !).
Nous laissons sur notre gauche la goulotte qui s’échappe vers l’arête du Hörnli. Nous continuons en ascendance droite. Au passage nous rejoignons une cordée partie dans la Bonatti. Moment très sympathique avec nos nouveaux compagnons… nous resterons ensemble jusqu’au refuge Solvay…. La face et son cheminement ne sont pas faciles à déchiffrer. De nombreux verrous rocheux barre notre chemin et c’est en tirant toujours à droite que nous trouvons la solution - aidé par nos nouveaux compagnons de route- . Nous grimpons au passage 2 petites cascades de glaces (pas mal fournie… ce sera les seules broches que nous poserons entièrement !
Nous atteignons le sommet Italien vers 19 h pour un coucher du soleil des plus magiques. Il nous faut désormais descendre au plus tôt vers le bivouac Solvay situé à 4000 mètres sur l’arête du Hörnli. La descente est longue - l’altimètre semble bloqué !-, la nuit nous rattrape, nous ne connaissons pas la descente et c’est par petit rappel de 30 mètres que nous descendrons de nuit jusqu’à Solvay.
Nous enfonçons la porte du bivouac vers minuit pour quelques heures de sommeil bien méritée. Là aussi nous dormirons sur le plancher pour un bon "démontage" d’épaule le tout dans une ambiance bien frisquette…
Vers 7 h nous émergeons pour ré-ouvrir cette porte du refuge et profiter du panorama et la douceur des premiers rayons de soleil. Nos amis nous offrent un café que j’aurais trouvé bien mauvais en bas, mais ici c’était le plus beaux cadeaux que l’on pouvait me faire…
Nous reprenons notre route pour finir de désescalader cette longue arête -tellement plus facile de jour-, avant de retrouver la civilisation à la cabane du Hornli puis Zermatt.
Bref encore un beau voyage à travers cette face mythique chargée d’histoire et de respect envers les frères Schmidt venus à vélo de Berlin en 1931 pour ouvrir cette si belle face.
Le beau temps est de la partie pour ce WE de septembre. Coup de fil avec Fred pour papoter projets de courses…
…Ce sera, sur le fil des 4000 entre France et Italie…
Quels mots pour qualifier cette course : magnifique itinéraire, d’ampleur,
engagée, élégant, où l’on peut jouer au funambule, avançant sur un fil se découpant sur l’azur,
arête arienne, vertigineuse et très effilée après la pointe Marguerite, panorama exceptionnel vers les cimes et glaciers du massif, ambiance majestueuse et austère, solitude, descente sauvage …
Bref, parcours tantôt sur un fil de neige vertigineux (le vent a sculpté ici de magnifiques œuvres d’art…), tantôt le long de lignes rocheuses aériennes (les lignes fuient de tous côtés…) tantôt
en face nord...
Sur la carte, plus de trois kilomètres séparent la Dent du Géant, où débute la course, de la Pointe Walker, où culminent les Grandes Jorasses.
Petit bijou qui sépare la course : la chaleur du bivouac Canzio ! Rustique sans être vétuste...
Puis escalade de la pointe Young dans le froid du petit matin. L’escalade sans y être vraiment difficile demande de l’attention, entre verglas, neige posée, prises fuyantes, cheminement complexe…
Pointe Marguerite légèrement goulotté dans sa partie médiane, puis sur le fil du rasoir jusqu’à la pointe Hélène. Attention, vertige! pour ces écailles empilées verticalement qu’il faut grimper, désescalader, traverser… et passage en face nord cocasse (neige posé sans consistance, sur des dalles…) avant de remonter sur la pointe Croz.
Sommet des Jorasses, un grand moment ! Notre regard se laisse guider par le fil suivi durant ce voyage… Qu’elle paraît petite d’ici cette Dent du Géant qui, hier, marquait le début de notre traversée rochefort jorasses…
Bref une course rondement mené (au total environ 12 h pour la traversée Torino, Jorasse entrecoupé d’une petite nuit à Canzio) et une descente longue…bien longue versant Italien (5 h). Suivi d’un retour en stop immédiat à la Palud, mais bouchon au tunnel… environ (2h pour traverser…) donc un retour tardif chez moi et une toute petite nuit pour reprendre les cours lundi matin… là tête encore dans les nuages...

Petit tour dans les Ecrins pour grimper le gneiss des Bans et le calcaire de la tête d’aval.
Montée au refuge au petit matin, le temps de dire bonjour au gardien et glaner quelques renseignements… puis direction les contreforts pour découvrir le secteur. Pas d’asile pour pazuzu : c’est la voie que nous avons choisie. Un joli tracé de 400 mètres sur prises variées. 12 longueurs avalées en un peu moins de 3 heures. Une petite heure pour descendre en rappel et nous voilà au bivouac pour une siestouse…
Le lendemain nous décollons à 5h30 pour la voie Giraud qui sort au sommet sud des Bans. Cette belle classique de 500m ne fait qu'effleurer le gros dièdre visible depuis le parking d'Entre Aygues. Le rocher est compact et assez bon dans l'ensemble. Les protections ne sont pas faciles à poser. Ca grimpe longtemps entre 2 protections (moyennes…). Bref une belle ambiance pour cette voie historique. En 6 heures nous sommes au sommet pour déguster un bout de sauc… découpé au piton…(oubli du couteau…). Descente par l’arête sud puis le glacier ovale et le glacier des bans. Retour au bivouac ou le chat du gardien nous attend toujours (un peu forcé… : il a suivi des cordées le matin. En arrivant à notre bivouac des anglais l’on attaché à un cailloux, ne sachant qu’en faire ! Nous pensions le retrouver complètement sec, avec la chaleur, mais non il était en pleine forme. Nous l’avons redescendu : il ne s'est pas fait prier pour se faire porter...)
Le lendemain la météo est annoncée moyenne en montagne, du coup direction la tête d’aval, pour commencer par le polichinelle dans le tiroir et pour finir par le pilier rouge hebdo.
Enfin mon petit trip habituel : direction Ailefroide pour un petit chrono au Pelvoux par le Coolidge.
Bref une bonne semaine de grimpe avec Paul.



Cela fait un petit moment que nous parlons avec Paul de ce versant Italien du Mont Blanc, mais avec cette météo pas facile de trouver 3 jours de beau d’affilés… Bref nous tentons le coup pour le 14 juillet. Par contre l’iso redescend fortement… du coup "les plans" grimpe au pilier rouge du Brouillard et pilier du Freney seront pour plus tard… et le créneau est trop court pour l’intégrale de Peuterey…Bref c’est vers l’arête du brouillard que nous irons nous amuser…
Départ à midi du Val Vény , direction le refuge Monzino. De là, nous avons choisi de remonter le glacier du brouillard jusqu’au col du Freney avant de remonter la zone mixte pour atteindre l’ancien refuge Eccles puis le nouveau, 80 m plus haut (à environ 3900 m d’altitude)… soit environ 2400 m de déniv depuis le bas. Bref une bonne petite mise en jambe, ou nous avons fait un ramping sur un pont de neige vraiment fragile…
Bref nous sommes les seuls dans ce lieu magique, historique, sauvage. Nous profitons d’un magnifique coucher de soleil sur la Noire de Peuterey (pensée émue à Chloé Graftiaux…) avant de retourner dans notre tonneau.
La nuit est paisible et profonde dans ce lieu parfait… pourtant il va falloir décoller… le couloir d’accès est plein Est. Nous posons un rappel pour descendre du refuge et prendre pied sur le glacier, que nous descendons encore avant de remonter en direction du col Emile Rey. Nous y arrivons juste avant le petit jour… parfait. La suite doit être un beau dièdre rocheux de 3 longueurs, mais avec les intempéries de ces dernières semaines, le beau dièdre se transforme en goulotte de glace… oups ! nous n’avons qu’un piolet par personne… toutes les fissures sont remplies de neige glace. Bref un beau combat s’annonce. Sans nos 2 piolets ce sera finalement en artif que nous remonterons le premier ressaut vertical. S’en suit un cheminement mixte goulotte rocher jusqu'au sommet de la pointe Louis Amédée (4470 m). Nous descendons de la pointe par un rappel en oblique droite sur une brèche et on reprend pied sur l’arête. Ensuite nous escaladons un mur rocheux puis continuons tantôt sur le fil, tantôt à droite dans un terrain mixte. Nous rejoignons l'arête de l'Innominata puis continuons sur le mont Blanc de Courmayeur, puis le Mont Blanc.
Bref ce fût une course extraordinaire, un beau moment de cordée avec Paul, rondement mené en 8h, vierge de toutes traces ou le regard et l’envie cherchent le passage…
La suite de la course sera un peu plus longue. Nous décidons de redescendre par la voie normale française… le ramping crevasse de la montée à Eccles nous ayant démotivé d’une redescente par les Grises. Bref une longue descente jusqu’aux Houches. Heureusement nous prenons le train au nid d’aigle puis le téléphérique de Bellevue. S’en suit du stop jusqu’à Cham. De là on tente en vain de passer le tunnel en stop. Il faudra donc attendre la navette de minuit qui nous ramènera à Courmayeur. A 1 h 30 du mat’ nous arrivons à l’entrée du Val Vény. C’est donc 7 km de goudron qui nous attendent… On pose les sacs, les grosses, et on remonte la route en chaussettes au clair de lune…. Dans une ambiance et lumière vraiment sympa. A 3 h nous sommes à la voiture…. Direction le col du Petit St Bernard. Petite sieste au col avant de reprendre la route de Bourg St Maurice. Là peu avant Albertville Paul se pose sur une aire de repos et me dis « faut que je prenne un café » avec son air complètement dépité… :-) Bref au petit matin nous sommes à Albertville. Chacun prend sa route respective la tête dans les nuages et dans cette aventure extraordinaire que nous venons de vivre.
Retour en montagne pour une magnifique course sauvage et authentique dans cette face nord avec Paul. Départ à 3h du mat' de la Bérarde pour le vallon des Etages. Le deux chemins qui montent du pont se rejoignent à l'entrée du vallon et ne vont guère au delà de 2000 m d'altitude. L'accès au haut du vallon et au glacier est hors sentier, puis sur neige durcie par le regel nocturne.
Le sommet n'est pas très élevé mais l'ambiance haute montagne et surtout grande course est bien présente.
Sur le papier, la dénivellation n'est que de 650m pour les difficultés (1300m pour l'approche). Néanmoins, comme l'itinéraire suit une diagonale et traverse la face, cela rajoute de la distance… Enfin, la descente est longue quelque soit l'option choisie…
La voie est complète, soutenue en rocher, mixte et un peu de glace (on en aurait aimer un peu plus d’ailleurs...)
L’équipement en place est inexistant (trois pitons dans les 2 premières longueurs dont 2 inutilisables)… et c’est tout (rien dans les cheminées de sortie…). Bref la voie reste bien engagée dans les conditions actuelles et difficilement protégeable sur le haut de la face. De nombreuses sections rocheuses et mixtes sont soutenues. Le mauvais temps et son grésil pas forcément prévu nous a rejoint sur le haut de l’itinéraire, rajoutant un peu de piquant pour les dernières difficultés et surtout la descente ! Nous avons équipé 6 rappels dans une goulotte en face sud qui permet d'accéder au glacier du Chardon.
Bref un beau et long voyage qui nous ramène vers le refuge du Carrelet à 1h du mat pour un repos bien mérité, la tête dans les nuages et dans les rêves (pour cette face à l’allure de petite Eiger dans certaines portions de l’ascension…)
Merci à Fourastier pour cette voie historique…
Nous passons les premiers jours dans le centre de test Vibram pour des séances photos, vidéo, interview mais aussi détente… Bref nous avons été reçu comme des « princes ».
Nous décollons ensuite pour Nanning via China Airlines, puis Leye via China bus couchette pour une nuit mémorable au dessus du moteur du bus avec des amortisseurs plus vraiment neufs….
Leye, point de départ du raid. Le climat est chaud et humide. Nous avons une journée pour nous reposer et se dégourdir un peu les jambes en footing…, puis une journée briefing et check du matos avant le Grand Départ…
Au programme du raid 3 journées intenses (6 à 8 heures de course par jour) en trail, VTT, kayak, agrémenté d’un rappel de 130m, une tyrolienne et une traversée de grotte. Le tout en montée descente pour au final un beau cumul en dénivelé… sous une chaleur torride, mais à travers des paysages grandioses et splendides.
Nous terminons 2ème de cette édition devant de belles pointures du raid international. Un raid magique ou tout le mot Team prend son sens et les 4 membres de l’équipe ne font qu’un. Bref, une expérience très forte émotionnellement, enrichissante sur le plan humain, des images plein la tête… avec une cérémonie d’ouverture et de clôture « made in china » digne des grands rendez-vous sportifs.
Merci à mes 3 compères du Team : Baptiste, Sylvain et Anthon.

La montagne m'a apporté mes plus grandes joies, mais aussi mes plus grandes peines. Alors que nous partions répéter la voie Moulin en face nord du Rateau, la montagne a décidé de te garder...
Presque deux mois que tu es parti, Oliv', j'ai l’impression que c’était hier….tu me manques tellement.
Je voudrais te dire merci pour tout ce que tu m’as apporté : ton énergie, ta motivation, ta force et surtout ta bonne humeur et ton calme exemplaire (même dans les pires situations...).
Bonne grimpe avec ton Etoile Oliv'.
- La face Nord de l’Eiger est un véritable mythe dans la chaîne des Alpes et un symbole de l'histoire de l'alpinisme.
Considéré à l’époque, comme le dernier problème des Alpes : 1800 mètres de glace, neige et rocher qui dominent d’un jet la vallée de Grindelwald. La paroi est calcaire, raide dans sa partie
supérieure. Le cheminement n'est jamais évident, avec de nombreuses traversées qui rallongent cette ascension déjà très longue... La voie historique de 1938, ouverte avec audace par Harrer,
Kasparek, Heckmair et Vörg remonte sur plus de 3000 mètres de long les différentes difficultés de cette muraille et marque un tournant de l’histoire de l’alpinisme.
Si à l’époque la glace était l’ennemi numéro un des alpinistes, aujourd’hui elle est un atout et cette face s’aborde presque exclusivement en conditions hivernales. Cela à le double avantage de
pouvoir aller vite dans les longues sections glaciaires et d’être épargné par les chutes de pierre. Malgré cela la face Nord de l’Eiger reste un enjeu de taille ou selon les conditions (plus ou
moins de glace) les verrous rocheux comportent plusieurs longueurs difficiles où l’art du mixte prend tout son sens…- J.BG
Bref, la voie de 1938, dépourvue de toutes traces de passages, nous accueille à bras ouverts. Tout se passe bien malgré le brassage du bas et les gros bouchons de neige dans la rampe, les difficultés mixte et rocheuse et un dernier bivouac frisquet au sommet…
Petit résumé :
le 5 mars au matin, nous partons direction Grindelwald, Oliv’, Fred et moi.
Montée en train jusqu’à la station Eiger Gletscher : dernier arrêt du petit train de la Jungfrau avant qu’il ne s’engouffre dans le tunnel de la face nord. Un bon repas, une nuit au chaud avant le « grand » départ.
3h30 du matin, nous quittons la gare et traversons jusqu’au pied de la muraille dans une quantité importante de neige (nous brassons par moment dans un mètre de neige...) Normalement il faut une
heure pour accéder au pied de la paroi. Dans cette quantité de neige sans ski ni raquette il nous faudra 3 heures de dur brassage…
L’échelle est tellement démesurée qu’il est difficile de se repérer avec exactitude dans le socle… la nuit ne nous aide pas non plus. Les 600 premiers mètres se composent d’une succession de gradins et de vires où il faut serpenter en franchissant des petits ressauts de dalles en adhérence (avec juste un peu de neige fraîche posée dessus...), pas facile en crampons.
Nous arrivons au pied de la première difficulté : « la fissure difficile ».
La première longueur : une dalle « fine » où les crampons tiennent en adhérence sur de vagues réglettes arrondies et les
lames des piolets cherchent de minuscules trous, suivi d'une traversée "à trou fuyant" en ascendance droite : le ton est donné !
Deuxième longueur : verrouillage des lames de piolets dans des fissures rondes en ascendance droite puis gauche. Heureusement quelques pitons et « friends » permettent de se protéger
correctement.
Nous sortons sur la vire… en route pour la traversée Hinterstoisser…
Le passage de la traversée, équipée, ne nous pose pas de problème. L’ambiance est vraiment magique, plein gaz dans ce passage clé historique. Nous atteignons le premier névé. Nous remontons les
pentes (en ascendance droite) qui se redressent sur la fin en goulotte raide avant de déboucher sur le deuxième névé. Toute l’ambiance et la démesure de la face se ressent : nous traversons sur
plusieurs centaines de mètres ces pentes immenses au milieu de ces parois immenses elles aussi.
Le soleil commence à devenir rouge et à disparaitre derrière l'horizon. Nous arrivons au pied du « fer à repasser », dernier promontoire avant le bivouac de la mort. Deux dernières longueurs
mixte puis neigeuse nous conduisent aux petites corniches que nous aménagerons en petites plates-formes. Nous installons une main courante, le bivouac, préparons l’eau chaude et nous habillons
pour une nuit qui promet d’être magique : au dessus de nous se dresse l’immense verrou qui nous sépare de « l’araignée », de part et d’autre des éperons et des goulottes à perte de vue ; et en
dessous plus de 1000 mètres de face austère qui contrastent avec les lumières chaudes de Grindelwald. Tous les récits que j’ai lu sur cette face refond surface et prennent sens.
4h30 : le réveil sonne. La nuit a été profonde et remplie de doux rêves…
Il faut sortir du duvet, faire fondre de l'eau et se préparer à regrimper.
Encore une traversée pour rejoindre les longueurs de « la rampe », seule ligne de faiblesse permettant de contourner l’immense muraille qui nous domine.
Les premières longueurs déroulent. Au milieu de cette rampe, deux trois longueurs freinent notre allure : un petit rappel mène à un surplomb dont la sortie se fait sur de maigres crochetages,
suivi de bouchon de neige et plaquage très fin. Bref quelques pas délicats à souhait avec des passages sévères...
Avant la sortie de la rampe, le rocher change, devient moins comptact et plus délité. Nous rejoignons la "traversée des
dieux" par une une vire à l'horizontale droite, en rocher très délité suivi d'une longueur verticale en rocher "moyen". Coup de chapeau des ouvreurs, cette dernière barrière nous ouvre la porte
de la" traversée des Dieux".
Nous progressons tout en délicatesse sur cette passerelle incroyablement aérienne qui nous conduit vers le troisième névé et l’araignée. Les pointes de crampons tiennent juste ce qu’il faut sur
ces dalles arrondies, pauvre en glace ou juste une mince couche de neige fraîche est posée dessus. C’est magique, délicat et plein gaz.
Nous remontons ensuite le troisième névé, puis les dernières goulottes en ascendance gauche et nous sommes
au pied du dernier verrou rocheux. Le sommet
commence à se faire désirer…
Quelques longueurs seulement nous séparent
des pentes sommitales mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le soleil commence à rougir, comme hier. Dans la fissure de sortie, quelques pas en dalle fin nous demandent un
peu de temps. S’en suit une traversée équipée. Au bout, il faut remonter une longue goulotte mixte, dans un contre la montre avec la nuit (qui a encore gagné ce soir...). En s'échappant sur
la droite, les pentes sommitales apparaissent enfin. Nous les remontons en tendu sur plusieurs longueurs.
Le petit croissant de lune est haut dans le ciel lorsque nous débouchons sur l’arête Mittellegi. Une petite corniche qui va se transformer en plate-forme, nous accueille pour le bivouac, à cent
mètres à peine du sommet. Nous nous glissons dans nos duvets pour quelques petites heures de sommeil...
A 6 heures, le soleil pointe son nez à l’horizon et commence à éclairer le panorama grandiose de l’Oberland, du Mönch et Junfrau, mais ne nous réchauffe pas pour autant…
Nous gagnons le sommet par une arête digne de Samivel…, et en quelques heures de descente nous gagnons la station Eiger Gletscher.
Je reste blufée par l'audace et la performance hors norme des pionniers de 1938, ainsi que l’ampleur de cette montagne.
Une paroi qui a fait rêver des générations d’alpinistes, qui m’a fait rêver…
Ainsi, 2 jours d’émotion dans une face démesurée, imprégnée d’histoire et de tragédies mais aussi de record et d'exploits, où chaque passage clé me remémore des fragments lues dans mes livres de jeunesse...
Un itinéraire que nous avons retracé après les récentes chute de neige et qui aurons rebuté 2 cordées durant ce même WE. Enfin une expérience humaine forte : la confiance réciproque qui a animées les 3 membres de notre cordée, qui est peut être la plus grande richesse de cette ascension.
Bref, l’engagement, la difficulté et la logique de l’itinéraire en font une expérience plus proche d’un long voyage que d’un simple week-end en montagne !



Enfin de la neige… prévu pour cette semaine…
Je sais, pas beaucoup de news en ce moment, mais beaucoup de choses nouvelles cependant.
Dans un premier temps je vous ai mis 2 topos de belles voies avec récit, que certains me demande depuis un petit moment…
Ensuite pas d’expé hivernale au Pakisan comme prévu initialement sur le Nanga Parbat... mais ce n’est que parti remise.
Plusieurs belles sorties en falaise et montagne depuis cet été, quelques chrono du bas en solo sur le Viso (arête est), au Pelvoux (Coolidge)… pour admirez un beau coucher ou lever du soleil, loin du monde...
Un bivouac improvisé en paroi à 1 h du mat dans la redescente de la cime d’Orgière...
De belles longueurs en cailloux dans le Vercors et Briançonnais, de belles cascades ou ligne de dry depuis Noël avec des t° qui jouent au yoyo…
Un mois de janvier placé sous le signe de la montagne, plusieurs trips à Chamonix de 2 à 10 jours, grâce à cet anticyclone de « mutant » avec à la clé de belles lignes dans de belles faces. Bref que du bonheur.
Mais aussi quelques buts dans la Gabarou Marsiny en Face Sud de la Barre, fin janvier : la voie n'est pas assez formée. Dans la Rebuffat Terray à l'Aiguille des Pélerins, début février (en semaine ! ) : un jour d'affluence dans la voie ou il n'est pas aisé et sécu de grimper dans ces dièdres, cheminées (les uns au dessus des autres...). Bref nous avons préférez redescendre et laisser les cordées s'enmêler entre elles...
Dernièrement du ski alpi, hé oui en ce moment c’est belle et bien de la moquette ou neige de printemps pour ce début d’année 2011.
Enfin côté raid, une course à Abu Dhabi, qui ne m’a pas fait vibrer plus que ça... même si les 3 ou 4 premiers jours étaient sympa avec cette année de belles étapes dans le Djebel et la partie désert toujours aussi magique, quoi qu’un peu longue cette année du fait de notre stratégie : progresser un maximum de nuit… (les paysages ne défilent pas trop de nuit et surtout moins charmants). Les 2 derniers jours, devait nous réserver un bon moment de pagaie en mer, mais c’était sans compter sur le vent, qui ont contraint les organisateurs à annuler l’étape, et remplacer le circuit par des runs de plusieurs tours près de la corniche d’Abu Dhabi... bof, j'ai jamais aimé tourner en boucle...
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Un grand merci aux sponsors qui me soutiennent
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